| Mon arrière-arrière-grand-mère |
| Etait fille d’un marin-pêcheur |
| Dans le petit port de Barfleur |
| Et je suis un pêcheur aussi. |
| Mais je pêche dans la marmite |
| Où boillonnent comme des frites |
| Les mélodies non écrites |
| Et les notes et les mots non dits. |
| Où est-ce que tu es donc ma blondinette? |
| Je t’appelle toutes les cinq minutes |
| Et la sonnerie du téléphone |
| Résonne monotonement. |
| Sur les talons éculés de mes Santiags |
| Je me suis mis à vaciller entre ciel et mer |
| Toi contre moi |
| Pendant un bref instant d'éternité. |
| Le soleil entre tout droit par la fenêtre ouverte |
| Montrouge est bleu pâle et rouge |
| Les bruits sont étouffés, |
| La vie est incertaine et l’amour est si doux. |
| Faisons de la musique avec ton corps |
| Et je veux pincer tes cordes sensibles |
| Je veux que tu résonnes, tu vibres |
| A l’unisson de mon corps à moi. |
| Cet homme qui te voulait des choses |
| En te suivant dans la rue |
| T’en es devenue toute rose |
| Pourquoi qu’t’as pas voulu |
| Le suivre dans ce café |
| Où qu’il y avait du néon |
| Des frites et de la fumée |
| Des liqueurs et de l’accordéon? |
| C'était peut-être bien l’occasion |
| De perdre ta mélancolie |
| Tes complexes, tes illusions |
| De sortir de ta léthargie. |
| T’as plus qu'à rentrer chez toi |
| Dans ta chambre inconcupiscible |
| Avec ta faim, ta soif, ton lit froid |
| Tes lunettes et ton inexpressible. |