| Akhenaton: |
| Si seulement tu m’aimais comme je t’aime |
| On n’en serait pas là |
| Et si tu lis c’mot, c’est que j’ai du rentrer chez moi |
| Pourtant j’ai planté d’vant ta porte pendant 1 mois |
| T’as ouvert c'était pour m’insulter, mais j’comprends ta peur |
| J’fais figure de mauvais gars dans l’quartier |
| J’fais pas local c’est vrai, mais en public |
| Tu vantes mes qualités, loin des préjugés stupides |
| Et des laïus sur la moralité, sur la modernité |
| Des obligations dont j’aurais dû m’acquitter |
| Aujourd’hui il pleut des cordes, et sur le tarmac |
| L’eau traverse mon sac pour mouiller mes diplômes |
| Bon sang, j’t’aime, j’comprends pas que’tu m’jettes |
| Et m’laisses avec des remords, sans recours, sans ressort |
| Je sais y’a tant d’prétendants qui caressent ta chevelure |
| Que pour un p’tit mec comme moi être l'élu va être dur |
| Alors j’serai patient, attendant mon heure |
| Même les mendiants comme moi ont leur droit au bonheur |
| Tu vois, j’t’ai réclamé qu'10 minutes |
| Pour plaider ma cause mais mon espoir diminue |
| J’t' aurais dit qu’j' aurais bossé plus dur qu’tes frères réunis |
| Le soir, sur ton épaule, j’t’aurais raconté tout c’que j’ai subi |
| Alors tu m’aurais consolé |
| Rendu un peu d’cette joie que les kakis m’ont volé, c’est triste |
| Maintenant, tu dis mes pensées impures |
| Et m’pries de la boucler vite fait ainsi qu’ma ceinture |
| Shurik’n: |
| Je te voyais de loin, sans oser t’approcher, presque irréelle, inaccessible, |
| C’est ce que je me disais |
| Certains ont essayé, tu les as viré sans détour, sans prévenir, tel des tueurs |
| escortés, poignés menottés |
| Tu me fais la gueule et tu me connais même pas, tout ce que je voulais c'était |
| une chance |
| Et ce que j’ai eu c’est ta sentence |
| J’aurais voulu que tu guides mes pas, au lieu de ça, |
| Tu me renvoies dans un endroit où je ne survivrai pas |
| Si tu m’aimais comme j’t’aime, t’entendrais mes complaintes |
| Ma douce, tu sais on m’freine, m’arrête pas à tes confins |
| Car j’suis du genre des gars qu’on jette, qu’on séduit et qu’on feinte |
| Avec un peu d’amour, tu verrais qu’nous aussi on s’aime |
| Choeur (Saïd): |
| Si seulement tu m’aimais, comme je t’aime |
| Sans poser aucune question, sans aucune condition |
| Si seulement tu m’aimais, comme je t’aime |
| Je cesserai d'être un poids, et peut être voudrais tu de moi |
| Akhenaton: |
| L’avion gronde sur la piste humide, comme s’il roulait sur mes pupilles |
| Chaque seconde est un vrai supplice |
| Mes pensées s’perdent sur les toits, sur les routes qui serpentent, |
| Les forêts, bref, tous me ramènent à toi |
| Encore j’ai d’la peine à croire, mais c’est bel et bien fini |
| Amour déçu, j’fais de la peine à voir, |
| Peu à peu, ces riches s’avilissent, ils disent qu’ils nous civilisent |
| Connaissent-ils au moins l’ampleur de tous nos sacrifices |
| Pendant 2 ans j’ai erré, témoin de plusieurs homicides |
| A l’orée de ton domicile |
| J’ai tenu mon carnet à jour, dans un gourbi exigu |
| Avec 10 autres personnes qui partageaient mon amour |
| Comme eux, j’ai laissé mes gosses, disant à tout l’monde |
| Au village que j’allais faire du négoce |
| Ma femme le savait, elle était si jalouse, mais j'étais coincé |
| Le stress et l’anxiété m’ont rincé |
| Alors j’ai grimpé sur tes barbelés à Melilla |
| Mon frère est mort dans mes bras, la liberté se paye à ce prix là |
| Chez toi, où ils ont l’air si éduqués à l’image |
| Pourquoi me traitent-ils comme un animal? |
| J’t' en veux pas trop, je tenais à te l’dire |
| Et il s’peut bien qu’un jour Dieu veuille que je puisse revenir |
| Ma vie aura un sens et j’t’aimerai plus que tes proches |
| Car ces fous ne mesurent pas leur chance, non |
| Shurik’n: |
| Grandir ici c’est un mot qui n’existe pas, |
| Je ne renie rien mais je sais que ça deviendrait possible au creux de tes bras |
| T’es pas parfaite mais au moins chez toi, vivre |
| C’est pas un risque et je m’prends à rêver en voyant partir les navires |
| T’es mon eldorado, mais ton drapeau reste un mirage, |
| Ok tu m’as refoulé seulement je suis pas prêt a tourné la page |
| Un jour je viendrai à nouveau pour fouler tes rivages |
| En attendant même si c’est vain je t’envoie ce message |
| Si tu m’aimais comme j’t’aime, t’entendrais mes complaintes |
| Ma douce, tu sais on m’freine, m’arrête pas à tes confins |
| Car j’suis du genre des gars qu’on jette, qu’on séduit et qu’on feinte |
| Avec un peu d’amour, tu verrais qu’nous aussi on s’aime |