| Je suis l’engreneur, ma tête est mise à prix, t’as compris? |
| Prie pour celui qui s’approprie les esprits |
| Mon cri, dans les quartiers où les kisdés ne peuvent casser |
| Dans ces cités, j’aime être cité, félicité et récité |
| A fond dans les BMW, dans les bus, métro, les walkmans |
| Comme un cobra, j’pé-ra, qué-bra, les esprits je shouara |
| J’excelle pour ma clientèle, tel un boss de cartel |
| Je fixe ton fils sous décibels, j’y fous la rapyphilis |
| Il consomme, je l’informe, moi Passi le transforme |
| Mon album est ma bonbonne, comme un virus sans sérum |
| En somme je suis l’homme à conserver dans tous les muséums |
| Hors norme, tel un raptore, les mots: je les mords et les tords |
| Les ressors plus fort et sans efforts les fous dans ton corps |
| Je te perfore de métaphores, allez, appelle les renforts |
| Silence, agneau, j’attaque habile comme Hannibal au cerveau |
| Tu m’entendras «niquer la hala» le darwah dans ta radio |
| Je sème ma gangrène, plante mes mots dans les veines |
| Micro en main dans l’arène, prends le mic pour la pagaille |
| J’enchaîne, j’engrène, de la plus saine à la mauvaise graine et |
| Prends le mic pour la pagaille |
| Malgré mon absence au congrès, je peux exposer, dénigrer |
| Paré pour engrener, le nègre est en progrès |
| Pas de simagrées, froisser, je fais ça de gré |
| Je vais émigrer dans les esprits comme un rhum aigre de haut degré |
| Déjà gamin, quand sur les gosses je posais le grappin |
| J’organisais la guérilla, au plus galopin donnais un gain |
| Départ de la bagarre, je poussais au coup de Trafalgar |
| Comme un démon dans l’Olympe je grimpe et sème ma gangrène |
| «Viens avec moi dans le jardin du diable |
| Endroit dans lequel tout est acceptable» |
| Dans cette garce de vie je n’ai pas guéri, j’ai gravi, j’ai grandi |
| Avec les coups de crasse, et grâce au rap je rends grâce |
| Je pousse au guet-apens, pan et au gain sans disgrâce |
| Ämer, grugeur, grossiste, j’aime flirter avec l’angoisse |
| Grimace, gri-gri, j’embrasse, sur mon passage se brise la glace |
| Je passe de l’orgasme au spasme, mes paroles agacent |
| Je sème ma gangrène, plante mes mots dans les veines |
| Micro en main dans l’arène, prends le mic pour la pagaille |
| J’enchaîne, j’engrène, de la plus saine à la mauvaise graine et |
| Prends le mic pour la pagaille |
| Je prends de l’ampleur, je suis ample |
| Mon temple est fait de samples |
| Je suis un exemple, beaucoup me contemplent, m’interprètent et veulent en être |
| Je vais transmettre ce goût du direct, l’art de mettre, j’injecte le spectre |
| Mon public respecte, que me haïssent les teur-inspec |
| Mais personne n’arrête un mec correct qui éduque des têtes |
| Je résume: je suis la grippe, t’as un vaccin, tu m’allumes |
| J’exhume, m’en accoutume, reviens avec la brume, j’enrhume |
| Je fous le dawa, je prends du poids et la cible est sur moi |
| Je ne penche, ni ne flanche, comme d’hab' j’ai le manche |
| Quand la potence s’enclenche, l’arrogance me branche |
| Sur volts, ma gueule est mon colt, mon skeud mijote |
| Lance le missile, grimpe ma côte, les gens achètent donc votent |
| Patriote, ma voix pilote, le peuple j’emporte |
| Dans le pays je grignote, comme un virus dans une culotte |
| Je suis l’engreneur, ma tête est mise à prix |
| T’as compris? Prie pour celui qui s’approprie les esprits |
| Je sème ma gangrène, plante mes mots dans les veines |
| Micro en main dans l’arène, prends le mic pour la pagaille |
| J’enchaîne, j’engrène, de la plus saine à la mauvaise graine et |
| Prends le mic pour la pagaille |