| Mon île où les bougainvillées |
| Scintillaient comme des guirlandes |
| Navigue sur la mer d’Irlande |
| Égarée dans le ciel voilé |
| Ma ville où chantaient les jardins |
| Sous les oiseaux multicolores |
| Dansant d’agave en passiflore |
| Ma ville s’est noyée soudain |
| Tu me fais le monde à l’envers |
| Il me semble que c’est l’hiver |
| Un volcan brûlant ce matin |
| Étincelait de joie de vivre |
| Ce soir, sa lave se givre, |
| S’engourdit, se fige et s'éteint |
| Tant d'équilibre et de raison |
| Berçaient ma cité tropicale |
| D’où lui vient cette idée bancale |
| De s’inventer d’autres saisons? |
| Pourquoi ce silence et ces bruits |
| Et ces enfants que l’on emporte? |
| Mais que font, vêtues de la sorte, |
| Les vieilles folles du pays? |
| Que vient attendre sous la pluie |
| Ce cheval noir devant ma porte? |
| Pourquoi ce vent? L’amour est morte ! |
| Et tu ne m’en avais rien dit ! |
| Il me semble que c’est l’hiver |