| Mon grand-père a fait la guerre pour la France |
| Il s’appelait Mamadou Touré, enterré sans être décoré |
| Il a eu douze garçons et filles dont mon père Al Hadji |
| Qui a quitté l’Afrique et posé ses valises à Paris |
| Je suis un petit black la tête pleine de rêves |
| J’ai les papiers français, la Tour Eiffel m’a vu grandir en fait |
| Partout où j’passe les regards me dévisagent |
| Ok j’suis pas le bienvenu mais j’suis là |
| J’accuse les médias de violer mon image |
| Avec des clichés fabriqués pour nous humilier |
| Ici c’est tout pour le matériel, les billets |
| En France moins d'églises, synagogues et mosquées réunies que de banques |
| Franchement, Chirac me voit comme un extraterrestre |
| Mais il est fier quand Zidane chante la Marseillaise |
| Je peux pas m’taire quand un poulet me dit ferme ta gueule |
| Marine Le Pen peut s’doigter j’ai les mêmes droits qu’elle |
| J’ai vu la France comme une terre d’accueil |
| Je peux pas m’taire quand un poulet me dit «ferme ta gueule» |
| Mon cœur un bunker, je sens plus la douleur |
| Dans nos quartiers on voit l’Hexagone en couleur |
| Des Blancs, des Jaunes, des Beurs et des Noirs |
| Que le gouvernement s’efforce de mettre à l'écart |
| Marianne me rejette, ce soir le drapeau est en berne |
| Je suis qu’un Bâtard de Français |
| Une partie d’ma culture est française, ma lady est française |
| Il faut qu’j’m’intègre mais moi je suis français |
| Il paraît qu’Sarkozy est d’origine étrangère |
| Quand j’vois ces sales flics, j’vois des meurtriers potentiels |
| Les fachos font des UV, j’suis l'éternel suspect |
| La juge n’a qu'à m’sucer, il y a qu’Dieu qui peut m’juger |
| Usé, j’ai pas les bonnes armes pour lutter |
| J’suis pas blond, j’m’appelle pas Charles-Henry Dupré |
| Pas représenté à l’Assemblée ou à la télé |
| À croire que Marianne vote trop à droite pour m’accepter |
| Tu t’fais stopper en boîte ou sur le marché du travail |
| Si t’as le malheur d'être Noir ou Arabe |
| Donc certains deviennent haineux, veulent plus faire la queue à l’ANPE |
| S’vè-le que pour bicrave des sachets d’beuh |
| J’suis qu’un petit rappeur petit-fils de tirailleur |
| J’aime la France, je sais qu’y a pire ailleurs |
| J’ai vu la France comme une terre d’accueil |
| Je peux pas m’taire quand un poulet me dit «ferme ta gueule» |
| Mon cœur un bunker, je sens plus la douleur |
| Dans nos quartiers on voit l’Hexagone en couleur |
| Des Blancs, des Jaunes, des Beurs et des Noirs |
| Que le gouvernement s’efforce de mettre à l'écart |
| Marianne me rejette, ce soir le drapeau est en berne |
| Je suis qu’un Bâtard de Français |
| J’paierais pour voir les députés s’mettre à notre place |
| Que la vie leur mette une grosse claque |
| J’devrais pas préciser j’suis pas un pro Black |
| Aussi vrai que j’aime grosse caisse, grosse tass', grosses liasses |
| J’vois pas ce qu’y a d’mal à rigoler |
| Sur une bonne blague de Coluche ou Dieudonné |
| Combien de fois les flics m’ont menotté sans raison |
| Ils détruisent des cités, construisent des prisons |
| Au-delà d’l’horizon, ma vision, des biftons sans piston |
| Je brille devant ces petits cons qui m’rejettent |
| Oh j’ai vu Le Pen au 2e tour |
| On m’a dit bonjour j’ai répondu Salam Oualeïkoum |
| Jamais les yeux j’baisserai, fier je resterai |
| Jusqu'à c’qu’on signe mon certificat de décès |
| C’que j’souhaiterais, qu’on m’traite comme un Français à part entière |
| Et pas comme un Bâtard de Français |
| J’ai vu la France comme une terre d’accueil |
| Je peux pas m’taire quand un poulet me dit «ferme ta gueule» |
| Mon cœur un bunker, je sens plus la douleur |
| Dans nos quartiers on voit l’Hexagone en couleur |
| Des Blancs, des Jaunes, des Beurs et des Noirs |
| Que le gouvernement s’efforce de mettre à l'écart |
| Marianne me rejette, ce soir le drapeau est en berne |
| Je suis qu’un Bâtard de Français |