| Dans un potager rempli de verdure |
| Parmi les carottes et les artichauts |
| Les beaux radis roses et les pommes mûres |
| Parmi la nature et les p’tits oiseaux |
| Il y avait un chat tout près d’un buisson |
| Et près d’un chou-fleur un petit garçon |
| Cela se passait à la mi-août |
| Le p’tit, c'était moi, qu' était dans un chou… |
| Mes parents sont venus me chercher |
| Ils m’ont mis dans la chambre à coucher |
| Puis ils sont allés à la Mairie |
| Dire c’qu' ils avaient fait pour la Patrie |
| Là mon père m’a tout d' suite reconnu |
| Car mon nu paraît-il y' avait plu |
| Mais l' maire ayant exigé |
| Que je lui soit présenté |
| Mes parents sont venus me chercher. |
| Lorsque j’eus mon certificat d'études |
| Avec ma cousine souvent nous causions |
| Et nous avions pris la bonne habitude |
| De nous communiquer nos impressions |
| Un jour qu’elle m’donnait des explications |
| Sur nos différences de constitutions |
| Elle allait me mettre les preuves en mains |
| Mais hélas comme un fait exprès, soudain… |
| Mes parents sont venus me chercher |
| J’n’ai rien su, mais j'étais contrarié |
| Dans la rue un jour j' fis connaissance |
| D’une femme à qui j' fis mes confidences |
| Elle me dit: si tu m' fais un cadeau |
| J' t' apprendrai c' que tu veux, mon coco |
| Tout c' que j’avais j’y ai donné |
| Mais quand elle voulut m’emmener… |
| Mes parents sont venus me chercher. |
| En face de chez moi avec des jumelles |
| On peut voir tout c' qui s' passe chez les voisins |
| J’ai vu ma voisine une femme jeune et belle |
| Se déshabiller pour prendre son bain |
| Comme elle retirait sa blouse, son jupon |
| Tous ses chichis et son p’tit pantalon |
| Y avait plus qu' sa ch’mise c’est ça qu' j’attendais |
| Mais juste au moment comme elle l’enlevait… |
| Mes parents sont venus me chercher |
| J' n' ai rien vu mais j'étais énervé |
| Comme ma mère m’a dit: «veux tu, Gustave |
| A la nouvelle bonne montrer la cave ?» |
| La p’tite bonne était bien ça m’a plu |
| A la cave j’suis tout d’suit' descendu |
| Et J’y s’rais encore resté |
| Mais n' me voyant pas r’monter |
| Mes parents sont venus me chercher. |
| Dans un bal un jour je vis une mondaine |
| Qu’avait un collier de perles grosses comme ça |
| Elle me dit: j’aime vos beaux yeux d'ébène |
| V’nez chez moi d’main soir on n' s’embêtera pas |
| J’ai bien réfléchi, j' n’y suis pas allé |
| Car je craignais pour ma virginité |
| Elle m'écrivit j' lui ai répondu |
| J’aurais voulu y aller mais j’ai pas pu… |
| Mes parents sont venus me chercher |
| C' n’est pas vrai mais on est bien forcé |
| De mentir un' fois dans l’existence |
| Quand c’est pour sauver son innocence |
| Mesdemoiselles faites comme moi méfiez-vous |
| D’un jeune homme acceptez l' rendez-vous |
| N’y allez pas mais répondez |
| Afin de vous excuser: |
| «Mes parents sont venus me chercher». |